Euro 1984

Depuis 1976, la France n’avait plus pris part à l’Euro. Il aura fallu qu’elle l’organise pour enfin prétendre au sacre européen. A l’époque, seules 8 équipes disputaient la phase finale. La génération Platini est alors à son apogée et cette compétition en sera le parachèvement.

Le groupe ne présente que peu d’évolution par rapport à l’équipe demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde. La principale nouveauté porte sur le poste de gardien, avec Joël Bats qui remplace avantageusement Ettori. En défense, un renouvellement générationnel a poussé les anciens verts vers la sortie. Pour le reste comme souvent, les hommes en forme du moment ont pris place dans l’équipe.

La phase de poule

La France hérite d’une poule acceptable avec le Danemark, la Belgique et la Yougoslavie. 3 victoires en 3 matchs dont un 5-0 face aux voisins Belge lui assure la première place. Le Danemark, qui bénéficie d’une génération exceptionnelle (les frères Laudrup, Jesper Olsen…) étrille les Yougos sur le même score et arrache également son ticket malgré sa défaite initiale contre les bleus.

Groupe A
  Équipe Pts J G N P BP BC Diff
1 FranceFrance 6 3 3 0 0 9 2 +7
2 Danemark Danemark 4 3 2 0 1 8 3 +5
3 BelgiqueBelgique 2 3 1 0 2 4 8 -4
4 République fédérale socialiste de YougoslavieYougoslavie 0 3 0 0 3 2 10 -8

De l’autre côté c’est le couple Ibéro-portugais qui sort de son groupe (en éliminant l’Allemagne tout de même).

En route vers la gloire

Tableau final de l'Euro 84

A Marseille, les bleus affrontent donc les Portugais en demi pour un match d’anthologie. Jordão (74e) répond à Jean-François Domergue (24e)et les deux équipes se retrouvent en prolongation. Coup de froid sur le Vélodrome, refait à neuf pour l’occasion quand ce diable de Jordão inscrit le doublé à la 98e. La France est en passe de devenir les Pays-Bas en version latine quand Domergue sort de sa boite et égalise à la 114e. Alors qu’on se dirige vers la terrible épreuve des tirs au but, (les fantômes de Séville tout ça..) Platini délivre son équipe à la 119e… Il s’en est fallu de peu.

En finale, la France retrouve l’Espagne. Paralysés par l’enjeu, les tricolores subissent le jeu des Espagnols qui eux aussi veulent mettre fin à 20 ans de loose internationale. L’Espagne de l’époque est plutôt en mode boucher qu’en mode Toque, et finalement, à force de concéder des fautes, la Roja donne le bâton pour se faire battre. A la 57e, l'arbitre siffle une faute de Salva sur Bernard Lacombe à la limite de la surface de réparation. Le coup franc de Michel Platini n'est pas un modèle du genre. La balle contourne le mur à mi-hauteur et tombe quasiment dans les mains d'Arconada. Il plonge pour capter la balle, la plaque contre son corps, puis la laisse échapper et rouler au-delà de la ligne en essayant de la rattraper. Enorme erreur individuelle qui fait basculer le match. L’Espagne ne s’en remettra pas et l’expulsion d’Yvon Le Roux ne changera pas la donne car c’est la France qui double la mise par l’intermédiaire d’un Bruno Luky Luke Bellone bien lancé par Tigana.

L’Espagne attendra encore 24 ans avant de disputer une nouvelle finale que cette fois ci ils gagneront.