Thierry Tusseau
Par Roulion le 04 décembre 2008

| Saison | Club | Nb matchs | Nb buts |
|---|---|---|---|
| 1973-1974 | FC Nantes | 0 | 0 |
| 1974-1975 | FC Nantes | 1 | 0 |
| 1975-1976 | FC Nantes | 21 | 0 |
| 1976-1977 | FC Nantes | 26 | 2 |
| 1977-1978 | FC Nantes | 30 | 1 |
| 1978-1979 | FC Nantes | 35 | 1 |
| 1979-1980 | FC Nantes | 34 | 2 |
| 1980-1981 | FC Nantes | 33 | 1 |
| 1981-1982 | FC Nantes | 19 | 3 |
| 1982-1983 | FC Nantes | 37 | 2 |
| 1983-1984 | Girondins de Bordeaux | 24 | 2 |
| 1984-1985 | Girondins de Bordeaux | 35 | 1 |
| 1985-1986 | Girondins de Bordeaux | 33 | 0 |
| 1986-1987 | Racing Club de France 92 | 32 | 1 |
| 1987-1988 | Racing Club de France 92 | 17 | 0 |
| 1988-1989 | Stade de Reims | 32 | 2 |
| 1989-1990 | Stade de Reims | 27 | 1 |
| 1990-1991 | Stade de Reims | 26 | 0 |
- Champion d'Europe en 1984 (France)
- Champion de France à 5 reprises, avec Nantes (1977, 1980, 1983) puis Bordeaux (1984, 1985)
- 3ème de la Coupe du Monde 1986 (France)
- 2 Coupes de France : 1979 (Nantes) et 1986 (Bordeaux)
- 22 sélections en équipe nationale
Sa carrière en club
Thierry Tusseau débute sa carrière au FC Nantes en 1973. Il mettra plusieurs saisons à s'imposer véritablement sur son côté gauche, souvent obligé d'alterner avec Maxime Bossis. Il fera ses grands débuts en D1 en 1974 et ce n'est que la saison suivante qu'il s'installera progressivement comme remplaçant, disputant tout de même une bonne vingtaine de matchs. Cette situation durera 2 saisons, le temps tout de même pour l’escouade nantaise de ravir le titre au rival stéphanois en 1977. A l’époque, la rivalité entre ces deux monuments du foot français est à son faîte. Deux écoles et deux conceptions du foot s’affrontent. Thierry se remémore « C’étaient deux gestions différentes, deux régions différentes. Mais aussi deux jeux différents : intrinsèquement, on était plus forts. Eux, c’était du costaud, plus du physique, plus une équipe de contre. ». Lors de cette saison, un match restera dans toutes les mémoires : la demi-finale de Coupe de France, qui se jouait en match aller-retour : « A l’aller, on l’emporte 3 à 0 et j’ai une balle de 4 à 0... à dix minutes de la fin. Mais Curkovic m’a empêché de marquer. Son attitude m’avait surpris… Je me présente devant lui, et Curko reste stoïque, comme un piquet. Je freine ma course, quelqu’un revient sur moi… Il n’y a pas eu but. Le match retour avait lieu quinze jours après. Le public nous voyait déjà en finale. Au retour, dans le vestiaire, lors de la causerie d’avant match, Jean Vincent nous a demandé comment on voyait ce match, ce que pouvait être le scénario idéal. Jean Vincent était un entraîneur qui était joueur dans l’âme. Nous lui avons répondu : en marquant un but dans le premier quart d’heure. Après dix minutes de jeu, Loïc Amisse déborde sur le côté droit du terrain, ce qui était rare. Il arrive vers la ligne de corner, et centre pour Pécout. C’était donc un centre en retrait ! Pécout marque. Silence dans le stade. Mais l’arbitre siffle hors-jeu ! On a bien contesté mais… 3 à 0 à la fin du match, donc prolongations. C’était chaud. Si je me rappelle bien, à la fin de la première, le score n’a pas bougé. Coup-franc de Henri Michel, on marque. Je ne me souviens plus comment Saint-Étienne marque son quatrième but. Mais à ce moment-là il reste quatre à cinq minutes de jeu ! Le stade pousse. Et Revelli tape le ballon avec l’arrière de la tête (mime), lobe Bertrand-Demanes…Alors-là…Ce match restera gravé à jamais dans nos têtes. On en parle encore entre nous. C’est vraiment un fait marquant. Les gens m’en parlent de ce match, mais toujours du dernier but de Saint-Étienne et jamais du but qui nous est refusé au bout de dix minutes. »
Il obtient sa place lors de la saison 1977/78, lorsque Maxime Bossis est repositionné à droite poussant Jean-Claude Osman un peu plus vers la sortie. Il occupera le flanc gauche nantais pendant encore 5 saisons. C’est à cette époque qu’il intègre l’équipe de France. Ses qualités offensives ainsi que sa polyvalence en font un atout intéressant en vue du Mondial, que la France retrouve après presque 15 ans. A Nantes il obtiendra encore 2 titres de champion en 1980 et 1983, et une Coupe de France en 1979, face à Auxerre, avec le fameux triplé d'Eric Pécout. Malgré de tels résultats il n’est pas retenu pour le mondial espagnol, Michel Hidalgo lui préférant Maxime Bossis pour jouer à gauche.
En 1983, il rejoindre le rival océanique, des Girondins de Bordeaux, époque Claude Bez. Fort de sa défense de fer, avec des Patrick Battiston, Jean-Christophe Thouvenel, Gernot Rohr, les marines et blanc font main basse sur le championnat 2 saisons de suite, en 84 et 85, puis gagnent la Coupe en 1986. Au sommet de son art, avec l’expérience des coupes européennes et notamment une demi-finale de C1 face à la Juve en 1985, Tusseau retrouve l’équipe de France. Déjà sélectionné pour l’Euro 1984, il sera du voyage au Mexique deux ans plus tard. Mais en bleu, Thierry se heurte au même problème : Maxime Bossis. La place d’arrière droit étant prise par Manuel Amoros, il doit se contenter du banc de touche et de bouts de match, un modèle pour Vincent Candela. Il n’en garde pas moins un bon souvenir « J’ai participé à de belles aventures avec l'équipe de France en 1984, lors du championnat d'Europe des nations, puis au Mexique, deux ans plus tard, lors de la Coupe du monde. Il n'y a pas un match qui m'a marqué plus qu'un autre. S'il fallait en retenir un, toutefois, je penserais à France-Brésil en quarts de finale de la Coupe du monde 1986. Cela reste un très beau souvenir parmi tant d'autres. »
Après les saisons fastueuses de Bordeaux, Thierry, avide de nouveaux challenge, succombe à l’appel du Matra-Racing de Lagardère, qui espère bâtir un grand club à Paris. Le recrutement est très ambitieux, avec des Enzo Francescoli, des Luis Fernandez, des Pierre Littbarski, mais la mayonnaise ne prend pas et le club tutoie plus le bas du classement que le haut. Lucide mais sans regret, il explique : «Par exemple, quand j'ai signé au RC Paris en 1986, je pensais connaître autre chose que les deux saisons vécues là-bas. Mais je n'ai rien regretté pour autant. Je suis venu à Paris, cela ne s'est pas bien passé mais, tant pis, c'est la vie. J'ai tourné la page. »
En 1988, en fin de carrière, il rejoint le mythique Stade de Reims en D2. Malheureusement, il sera contraint de mettre un terme à sa carrière en 1991. Le club rémois est en liquidation judiciaire et l’ensemble du foot français traverse une grave crise financière. A 33 ans, Thierry peine à trouver un club, et arrête alors qu’il ambitionnait « de jouer pendant encore deux ans. »
Que devient-il ?
Après avoir raccroché, Thierry est revenu sur Bordeaux. En effet, lors de son époque girondine, il s’était pris de passion pour le pinard. Aussi, il décida d’en faire son métier.
Après une formation sur le tas, il est aujourd’hui négociant en vin pour la société Bordeaux et Vins de France ; il représente également la maison de Champagne Lanson. « Lors de mon passage aux Girondins entre 1983 et 1986, je m'étais intéressé au milieu viticole et je me suis naturellement lancé dans la profession. Au départ, cela n'a pas été évident. Il a fallu prendre son temps pour se faire connaître et se faire apprécier de la clientèle. Mais si je suis revenu à Bordeaux, une fois ma carrière de joueur terminée, cela a été à la fois pour des raisons professionnelles et personnelles. »
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