Rolland Courbis
Par Roulion le 06 novembre 2008

| Saison | Club | Nb matchs | Nb buts |
|---|---|---|---|
| 1971-1972 | Olympique de Marseille | 2 | 0 |
| 1972-sep 1972 | Olympique de Marseille | 1 | 0 |
| sep 1972-1973 | AC Ajaccio | 26 | 1 |
| 1973-1974 | Olympiakos Le Pirée | 4 | 0 |
| 1974-1975 | FC Sochaux | 33 | 0 |
| 1975-1976 | FC Sochaux | 35 | 0 |
| 1976-1977 | FC Sochaux | 34 | 0 |
| 1977-1978 | AS Monaco | 37 | 1 |
| 1978-1979 | AS Monaco | 35 | 1 |
| 1979-1980 | AS Monaco | 28 | 0 |
| 1980-1981 | AS Monaco | 22 | 0 |
| 1981-1982 | AS Monaco | 12 | 0 |
| 1982-1983 | Sporting Toulon | 34 | 1 |
| 1983-1984 | Sporting Toulon | 35 | 0 |
| 1984-1985 | Sporting Toulon | 16 | 0 |
- Champion de France : 1978, 1982 (Monaco)
- Coupe de France : 1980 (Monaco)
- 1er du Groupe B de D2 : 1983 (Toulon)
- Champion de Grèce : 1974 (Olympiakos Le Pirée)
Sa carrière en club
Marseillais de naissance, le jeune Rolland Courbis commence dans les quartiers difficiles. Fils de policier, il attaque pied au plancher : une erreur à l'état civil voit son prénom affublé d'une double consonne. « Avec deux "l" il pourra s'envoler plus haut » déclare son père philosophe. Dans un quartier où on devient « soit flic, soit voyou », le fiston fait en apparence le premier choix en intégrant l'équipe de la Police. Trop jeune, il doit jouer sous un faux nom et une fausse licence, avec la complicité du paternel, bien évidemment. Plutôt à l'aise sur un terrain, il rejoint ensuite le centre de formation de l’OM. Limité techniquement mais assez dur sur l’homme et solide en un contre un, il joue quelques matchs lors de la saison du doublé. Lors de l’été 1972, il est échangé contre Marius Trésor, qui évolue à l’AC Ajaccio. C’en est fini de sa carrière olympienne, du moins en tant que joueur.
En corse, Rolland trouve une certaine qualité de vie ainsi que du temps de jeu (26 matchs). Sa mentalité colle bien à l’équipe et à la culture corse. Dans l’équipe on retrouve Claude Le Roy, René Le Lamer, un ancien nantais, mais aussi François M'Pelé. L’équipe termine lanterne rouge et Rolland doit quitter le club. Il part alors en Grèce, à l’Olympiakos. Sportivement c’est un mauvais choix. Yves Triantafilos, son coéquipier de l’époque, témoigne « Il a eu du mal à s'intégrer... Il n'était pas titulaire, il a joué une dizaine de matchs, pas plus, donc il faisait un peu la gueule... Courbis, quoi... Je ne sais pas quel était son lien avec le pays, mais il s'est débrouillé... ». A l’époque des colonels, pour venir jouer en Grèce, il fallait avoir de la famille grecque. Là encore, Rolland bénéficie de ses relations à l'évêché pour obtenir des faux papiers et s'inventer un grand-père grec du côté de Salonique. Une fois 'est pas coutume, arguant la destruction des archives pendant la guerre, il obtient sa naturalisation au bénéfice du doute.
Au bout d’une saison, Courbis rentre au pays et pose ses valises dans le Doubs, à Sochaux. Il y passera 3 saisons, titulaire indiscutable en défense ; La première est très dure et le club échappe de peu à la descente. Pour la deuxième, c’est la résurrection. Le club finit à une improbable 3ème place derrière Nice et St-Etienne. Le parcours en Coupe d’Europe est quelconque puisque les lionceaux tombent dès le premier tour face aux Hibernians d’Edimbourg. L’équipe est en phase de renouvèlement avec les premiers joueurs qui sortent du centre de formation ouvert en 1974.
En 1977, il rejoint le Rocher. Le club vient de remonter. Dès sa première saison parmi l’élite, les monégasques finissent champion de France, grâce à son buteur fétiche Delio Onnis, mais également à Christian Dalger et Jean Petit. Le club princier remporte la Coupe 1980 au dépens de l’US Orléans, mais Rolland est blessé et ne joue pas la finale, puis à nouveau le titre en 1982. Rolland est de toutes les batailles et voit passer à ses côtés une kyrielle d’internationaux et de futurs grands : Manuel Amoros, Albert Emon, Umberto Barberis, Alain Couriol. En 5 ans il aura gagné 2 titres de champion et une coupe de France. Il tutoie l'équipe de France et obtient finalement une sélection. Profitant des absences de Marius Trésor et Christian Lopez, son rival en Espoir, il espère honorer sa première cape contre la Pologne, mais Hidalgo lui préfère une charnière Patrice Rio - Carlos Curbelo. Ce dernier se blesse à 20 mn de la fin et Rolland se prépare à rentrer... Carlos s'accroche et termine le match... C'est fini... le train bleu passe sans lui.
Arrivé en bout de course, il gagne Toulon en sur son dernier titre, où il retrouve Christian Dalger. Sans le savoir, il vient de signer dans un club qui restera à jamais associé à son nom. Les toulonnais, alors en D2, terminent 1er du groupe B et retrouvent l’élite. Rolland réussira non seulement à pérenniser le club en D1 mais il manquera même l’Europe d’un petit point en 1985. En défense, avec son compère [Luigi Alfano, il fait régner la terreur au stade Mayol et Toulon collectionne une suite impressionnante de matchs sans défaite. A l’issue de la saison, il raccroche. Courbis Acte 1 rideau.
Que devient-il ?
Rolland l'entraineur
En 1986, il succède à Christian Dalger sur le banc de Toulon. Commence alors une formidable carrière d’entraîneur. Les mouvement de transferts s’accélèrent avec Rolland. Bernard Pardo, Laurent Roussey, rejoignent le club en 1986, puis c’est au tour de Joseph-Antoine Bell, Philippe Fargeon, Philippe Anziani, qui suivent en 1987. Si les résultats sont épileptiques, les transferts sont toujours plus nombreux. Rolland mène par ailleurs grand train sur la Côte, écumant les casinos. Les finances toulonaises sont exsangues et les joueurs affluent, d’autant plus que les fréquentations de Rolland ne sont pas forcément un gage de moralité. En 90, le glaive de la justice tombe. C’est l’affaire de la Caisse noire et des fausses factures. Rolland passe même quelques jours aux Baumettes (sic). Invité à quitter Toulon, Rolland se fait oublier à l’US Endoume, avant de rejoindre Bordeaux en 1992. Il passera 2 saisons à la tête des girondins avant d’aller faire une pige à Toulouse. Toujours en délicatesse, avec la justice, il finira par être démis de ses fonction à l’automne 95.
Rolland retourne alors à Bordeaux et entame son âge d’or sur le banc de touche avec l'équipe finaliste de la Coupe de l'UEFA. Cette même année 1996, il prend une balle perdue dans le ventre en assistant à l'exécution de son "ami" corse, Jean-Claude Rutily, bien connu des services de police et condamné au début des années 90 pour vol à main armé et autres exactions. la balle s'arrête à quelques millimètres de la moelle épinière. c'est pas passé loin pour Rolland.
En 1997, il rejoint l’OM qu’il va conduire à la 2ème place et une nouvelle finale de Coupe UEFA en 1999. Deux finales et deux défaites pour Rolland, qui a la réputation d’être un entraîneur qui ne gagne rien. A Marseille, il renoue avec ses méthodes passées. Les transferts se multiplient et notamment le départ du Président Laurent Blanc fait couler beaucoup d’encre, d’autant plus que les performances de l’OM s’en ressentent. Après une défaite 2-0 à domicile en Ligue des Champions, Rolland est limogé.
Il va rebondir au RC Lens, il y passera 1 demie saison multipliant les transferts de joueurs douteux, un peu comme à Marseille d’ailleurs. Gervais Martel finira par se lasser. Les supporters sang-et-or également : Courbis, fais tes valisss !! Rolland les posera à Ajaccio. Il permettra au club de remonter en D1 et se paiera le luxe d’y rester quelques saisons. Sa situation corse sera entrecoupée d’un intermède en Arabie saoudite puis en Russie. Malheureusement Rolland est rattrapé une nouvelle fois par la justice de son pays. C’est dans le cadre du procès des comptes de l’OM qu’il comparait, accusé d’ABS comme on dit dans le jargon. En première instance, il fait le fier-à-bras mais la peine le fait réfléchir : retour à la case prison qui fait voler en éclat son sursis, assorti d’une belle amende. En appel, il fait profil bas et reconnaît quelques égarement sur le compte de la bonne foi. C’est sûr qu’avec un fils agent de joueur de son club, des connaissances douteuses, il y a de quoi être crédible. L'argument central de la défense de Rolland au cours de cette affaire : « Je ne suis pas l'inventeur du brevet de la malhonnêteté, ni son importateur sur la Canebière. »
Rolland et les affaires
Le 17 octobre 2007, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné Rolland Courbis à deux ans de prison ferme (un an ferme et un an de révocation de sursis) dans l'affaire des transferts suspects au sein de l'Olympique de Marseille entre 1997 et 1999. En première instance, l'ancien entraîneur de l'OM avait été condamné à trois ans et demi de prison ferme pour faux, usage et complicité de faux, complicité et recel d'abus de biens sociaux. Le coach de Montpellier, qui n'est pas interdit d'exercer une activité dans le football, dispose désormais de cinq jours pour se pourvoir en cassation. Une saisine qui est suspensive et lui permettrait de rester en liberté, sauf en cas de mandat de dépôt demandé par la Cour. Ce n'est d'ailleurs pas Loulou l'ordurier qui s'en formalisera : « Je m'en bas les couilles complet, s'il me fait monter en première division, hein. Bien sûr, s'il vendait de la drogue ou violait les petites filles, ça m'emmerderait. Ça, j'accepterais pas. Mais pour des conneries pareilles... » Dont acte. Il est maintenu en poste.
L'actionnaire principal du club, Robert Louis-Dreyfus, a été condamné à dix mois de prison avec sursis et à une amende de 200 000 euros. Gilbert Sau, agent de joueurs, a écopé de dix-huit mois ferme, alors que Jean-François Larios, également agent, a pris six mois avec sursis.
Aujourd’hui, outre son émission Coach Courbis, sur RMC où il se caricature lui-même en méridional pittoresque, il est à la tête de Montpellier, qu’il a sauvé de la relégation en national à la faveur d’une victoire face à… Ajaccio.
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