Raymond Kéruzoré

Raymond Kéruzoré
La sorcière
17 juin 1949
France
Milieu
Saison Club Nb matchs Nb buts
1967-1968 Stade Rennais 0 0
1968-1969 Stade Rennais 1 0
1969-1970 Stade Rennais 2 0
1970-1971 Stade Rennais 21 1
1971-1972 Stade Rennais 34 1
1972-1973 Stade Rennais 30 4
1973-1974 Olympique de Marseille 25 2
1974-1975 Stade Rennais 18 0
1975-1976 Stade Lavallois 20 4
1976-1977 Stade Lavallois 38 1
1977-1978 Stade Lavallois 30 6
1978-1979 Stade Lavallois 31 7
1979-1980 Stade Brestois 29 38 0
1980-1981 Stade Brestois 29 8 1
1981-1982 En Avant Guingamp 31 1
1982-1983 En Avant Guingamp 26 2
1983-1984 En Avant Guingamp 20 2
1967 - 1973 :
1973 - 1974 :
1974 - 1975 :
1975 - 1979 :
1979 - 1981 :
1981 - 1984 :
  • 1971 : Vainqueur de la Coupe de France (Rennes)
  • 1981 : Champion de France de D2 (Brest)
  • 2 sélections en équipe nationale

Sa carrière en club

A ses débuts, Raymond Kéruzoré joue ne amateur à Quimper alors qu’il est lycéen. Il part ensuite à Rennes poursuivre ses études en physique-chimie quand il est repéré par Jean Prouff, le druide des rouge et noir. Elogieux à son égard « Il allie à une vision impeccable du jeu une technique exceptionnelle. C'est un joueur tout en finesse, un peu comme les brodeuses du coin. C'était un footballeur vraiment fin, tout en changement de rythme aussi : son jeu était léché, on ne taclait pas encore par-derrière, la balle courait vite ....», Prouff le pousse à devenir pro. Raymond s’impose chez les rouges et noir à partir de 1970 et il a l’honneur ultime d’être retenu pour disputer la finale de la Coupe de France. Ainsi, il entre dans l’histoire en devenant un des rares joueurs rennais à avoir gagné quelque chose alors qu’il évoluait à Rennes. Esthète sur le terrain, Raymond l’est aussi en dehors puisque du haut de ses 22 ans il est très engagé politiquement, tendance rouge vif. C’est un peu le produit d’une époque où la jeunesse idéaliste était maoiste. En Coupe d’Europe, les bretons, qui sont il faut bien le dire, habitués à batailler dans le ventre mou du championnat, se font laminer par les Rangers dès le 1er tour… Néanmoins, Ray commence à se tailler une petite réputation, voire à devenir un peu hype.

En 1974, il est recruté par l’OM. Chez les olympiens, il va avoir beaucoup de mal à s’imposer. Pas forcément titulaire, il bénéficie tout de même d’un temps de jeu relativement conséquent et dispute 25 rencontre et 4 de Coupe d’Europe. L’OM n’ira pas bien loin puisque dès le 2ème tour les phocéens se font laminés par Cologne « Je me souviens d'un match de Coupe de l'UEFA contre Cologne. Nous avions gagné 2-0. Cela avait été la fête. Mais, au retour, nous en avons pris six ! ». Néanmoins Raymond ne restera pas sur la Canebière, ce qu’il regrette un peu « Je n'aurais pas dû partir aussi vite. Je suis arrivé en 1973 et je suis retourné à Rennes un an après. En fait, je me suis laissé convaincre par les dirigeants rennais qui voulaient bâtir une grande équipe. Cela a été le choix du coeur, mais finalement une erreur. ».

Effectivement ;, il revient sur Rennes qui déjà à l’époque nourrissait des ambitions. Après un bon début de saison, Kéru se prend le bec avec tout le monde. Toujours enragé politiquement, il fait de l’embrigadement auprès de ses jeunes partenaires. Taxé de marxistes-maoïste (le péril rouge) par les uns, traité d’intello par les autres, il se met peu à peu tout le monde à dos. Tant et si bien qu’à l’été 75, il semble carrément cramé et plus personnes ne veut de lui. Pourtant, c’est un très bon joueur, mais son caractère un peu ingérable commence à peser lourd dans la balance.

Finalement c’est à Laval qu’il va se relancer, en D2. Raymond va revivre dans la Mayenne. Poète du jeu, alternant jeu court et jeu long, le port altier et la tête haute, il va conduire les tangos en D1. Le public adore son capitaine et meneur de jeu. Il est même approché par le FC Nantes, mais Laval ne veut rien savoir et Raymond reste chez les tangos ; « J'ai failli y signer en 1976. A l'époque, j'étais à Laval. Même si je m'y trouvais bien, j'aurais bien aimé aller à Nantes. Mais mon club n'a pas voulu me lâcher ». Ray fait une saison 76-77 exceptionnelle, ce qui lui vaut d’être appelé en équipe de France et récompensé de l’étoile d’or France Football. C’est en grande partie grâce à lui que Laval se maintien en D1, parce que sinon l’équipe n’est pas folichonne. La saison suivante, il persiste et signe et Laval termine à une très honorable 10ème place. A nouveau appelé en bleu, il est même de la liste des 40 présélectionnés pour la Coupe du Monde. Avec humilité, Raymond ne se fait jamais trop d’illusions « C'est vrai, j'étais dans la liste des 40 pré-sélectionnés. Mais je m'attendais à ne pas être retenu. Il y avait six places pour les postes de milieu de terrain, mais elles étaient déjà toutes pourvues. Ce n'était donc pas une déception pour moi.». Effectivement, en concurrence avec Michel Platini, voire Jean-Marc Guillou, sachant qu’Henri Michel et Dominique Bathenay étaient indétrônables et que Jean Petit sortait d’une saison énorme avec Monaco, il aurait effectivement pu prendre la place de Claude Papi, mais l’épopée bastiaise pesait trop lourd. Par ailleurs, son caractère de cochon faisait qu’il ne s’entendait pas trop avec Platini et que de ce fait, c’était forcément compliqué. Il fera une dernière saison à Laval, qui se maintien encore à l’arrachée. A titre individuel c’est surement sa meilleure saison avec les tangos puisqu’il inscrit la bagatelle de 7 buts. Son passage à Laval restera comme l’apogée de sa carrière puisqu’il sera élu tango du siècle par les supporters mayennais.

Raymond part alors à Brest. Le club termine bon dernier de D1 et Raymond reste en D2. Malheureusement, il se blesse gravement à la cheville et manque une grosse partie de la saison. Brest remonte en D1, terminant 1er de son groupe. Brest termine même champion en battant Montpellier. Sentant qu’il est en fin de carrière. Raymond quitte le club et rejoint Guingamp où il officie comme entraineur-joueur pendant 3 ans, amorçant ainsi sa reconversion.

Que devient-il ?

A partir de 1984, Raymond devient entraineur à temps plein de Guingamp où il reste 2 ans. Animé par une philosophie de jeu simple : « Je prends pour modèle l'équipe de Nantes dont j'apprécie depuis longtemps le jeu de qualité. Aussi j'essaie d'inculquer à mes hommes cet amour du beau jeu. Je veille en outre, c'est un point crucial, à ce que le travail s'effectue dans la bonne humeur. Les gars doivent pouvoir se faire plaisir ... ».

Recruté par le Stade Brestois en 1986, il ne fera qu’un an sur le banc. En effet, toujours aussi enragé politiquement, il se prend rapidement la tête avec le bouillonnant François Yvinec, sorte de Bernard Tapie breton. Finalement viré, il déchire tout une région et Edouard Leclerc s’implique même : « On n'a pas le droit de détruire une vedette, surtout que, dans le Finistère, on n'en a pas des masses. Cet homme, il nous appartient. Aux Finistériens, aux Bretons. De voir qu'un président se permet de dégommer un type de talent, ça me fait mal au coeur ... »

il part alors à Rennes avec qui il ne fera pas grand-chose, si ce n’est l’ascenseur pendant quelques saison. La consécration viendra en 1990 avec une place de 1er de groupe en D2 mais une défaite contre Nancy lors du match des champions de D2. Il quittera Renne sen 1991, évitant la descente pour des raisons administratives.

On le retrouve à Tours 2 ans plus tard, mai sil n’y reste qu’un an, avant de terminer à Quimper en D3. Toujours en délicatesse avec sa cheville, il se fait opérer une première fois en 1996, puis en 1998. Alors déclaré invalide, il est contraint d’arrêter le métier. « Actuellement je suis classé en invalidité, suite à une blessure à une cheville. Ce qui fait que je n'ai pas le droit de travailler. Je touche une pension versée par la Sécurité sociale. J'ai eu deux opérations, en 1996 puis en 1998, mais cela n'a rien résolu. A l'époque, je pouvais à peine marcher. Aujourd'hui, je boite encore. Moralement, il n'y a pas de problèmes. Et puis, financièrement, ça va aussi. Mon épouse travaille, au secrétariat d'une société de maintenance. A deux, nous nous en sortons. ».