Philippe Mahut
Par Roulion le 24 novembre 2008

| Saison | Club | Nb matchs | Nb buts |
|---|---|---|---|
| 1974-1975 | Entente Fontainebleau | 21 | 0 |
| 1975-1976 | Entente Fontainebleau | 24 | 0 |
| 1976-1977 | ES Troyes Aube Champagne | 28 | 0 |
| 1977-1978 | ES Troyes Aube Champagne | 26 | 0 |
| 1978-1979 | FC Metz | 32 | 0 |
| 1979-1980 | FC Metz | 32 | 0 |
| 1980-1981 | FC Metz | 37 | 0 |
| 1981-1982 | FC Metz | 34 | 2 |
| 1982-1983 | AS Saint Etienne | 35 | 1 |
| 1983-1984 | AS Saint Etienne | 30 | 1 |
| 1984-1985 | Racing Club de France 92 | 32 | 0 |
| 1985-1986 | Racing Club de France 92 | 31 | 10 |
| 1986-1987 | Racing Club de France 92 | 37 | 0 |
| 1987-1988 | Racing Club de France 92 | 31 | 2 |
| 1988-1989 | Quimper CFC | 33 | 1 |
| 1989-dec 1989 | Quimper CFC | 15 | 2 |
| jan 1990-1990 | Le Havre AC | 18 | 1 |
| 1990-1991 | Le Havre AC | 32 | 4 |
| 1991-1992 | Le Havre AC | 38 | 1 |
| 1992-1993 | Le Havre AC | 30 | 1 |
- Champion de D2 1986 (Matra-Racing), 1991 (le Havre)
- 9 sélections en équipe nationale
Sa carrière en club
Natif du Cher, Philippe fait ses débuts à Fontainebleau en D2. Défenseur athlétique, doté d’une formidable détente, il sera repéré par Troyes lors de son service militaire au bataillon de Joinville. Ainsi, à 20, l’âge où rien n’est impossible, il débarque dans l’Aube avec un statut de stagiaire. Robert Jacques se blesse en septembre et il accède ainsi à l’équipe première, lors du tournoi de Lille.. L’équipe troyenne compte dans ses rangs le buteur Gérard Tonnel, mais également la vieille gloire verte déjà has been Patrick Parizon. Il continue à faire son armée et vient s’entraîner 2 jours par semaine, faisant partie du groupe pro. Il réalise une super première saison sous les couleurs troyennes et franchit un énorme pallier. Malheureusement, il passe complètement à côté de sa deuxième saison, qui se solde sur une descente d’ailleurs. Il ne réussira de son propre aveu que 2 matchs, les rencontres face à Metz où il est au marquage d’Hugo Curioni, un des « artilleurs de Metz » avec Nico Braun. En fin de saison, il rejoint donc les grenats, qui seuls avaient pu apprécier son talent. Il débarque dans un effectif en fin de cycle qui sera profondément rajeuni au début de la saison 79/80. La nouvelle génération messine se caractérise par une arrière-garde de grande valeur : Patrick Battiston, Luc Sonor, Philippe Thys… mais aussi Michel Ettorre, José Souto, Vincent Bracigliano. Philippe est promu capitaine à 25 ans à peine et l’équipe messine est en pleine ascension. il épouse cette courbe ascendante, ce qui lui vaut d’âtre appelé par Michel Hidalgo pour prendre part à la Coupe du monde 82. Il ne jouera que le match de la 3ème place. Cette génération touchera la gloire en 1984, avec une Coupe de France.
Entre-temps, Philippe quitte la lorraine en 1982, pour rejoindre les Verts. « Je devais aller à Toulouse, tout était conclu mais au dernier moment Saint Etienne qui avait engagé le jeune Millot pour remplacer Piazzaont fait appel à moi. Le transfert est de l’ordre de 2 Millions de Francs une somme énorme à l’époque pour un défenseur ». Il débarque dans le Forez au plus mauvais moment. Michel Platini est parti à la Juventus et l’affaire de la caisse noire est révélée. L’équipe stéphanoise est au plus mal et c’est assez logiquement qu’en 1984, l’équipe tombe en D2. victime de son parcours en club, Philippe n’est plus retenu en Equipe de France et passe à côté de l’Euro. Même si cela reste une cicatrice pour lui, il reste lucide sur la fin de son épisode international : « Disons qu’à partir du moment où l’on est au plus haut niveau il faut s’attendre à être remplacé, bien que mon souhait était d’y rester le plus longtemps. »
Plutôt que de jouer en D2, Philippe rejoint le Racing Paris 92 : mauvais choix puisqu’il va connaître sa deuxième descente avec une peu reluisante dernière place. Lagardère arrive en 1985 et souhaite bâtir un grand club. Le recrutement est alors de grand standing avec des joueurs comme Maxime Bossis. Bingo : le Matra remporte haut la main le championnat de D2 et retrouve l’élite. Nouvelle campagne de recrutement, toujours dans la même politique : Luis Fernandez, Enzo Francescoli, Pierre Littbarski, Thierry Tusseau rejoignent les ciel et blanc. Les résultats sont inversement proportionnels aux millions injectés. Le club se vautre dans la fange du bas de tableau. Philippe explique : « Le Matra avait super bien commencé et puis nous sommes partis faire un stage d’un mois au Maroc, très très dur physiquement. Pour moi comme pour d’autre il fut de trop. Le groupe a explosé, nous étions à la rue. Je n’étais pas un « foncier » à la différence de Bruno Germain ou Bossis. Et puis, Artur Jorge, était un entraîneur spécial au sens ou il mettait une distance… parfois nous ne le voyions pas durant une semaine. Un peu une méthode Wenger avant l’heure, développé dans le football actuel qui veut que la préparation de chaque joueur soit spécifique (entraînement individualisé). La méthode Artur Jorge ne me convenait pas, car les rapports humains représentent un point nécessaire dans ma préparation. Ca manquait d’homogénéité. » avant de conclure, de manière très lucide : « Nous n’étions pas un club aimé car construit à base de millions. Ce n’était pas l’amour du Racing d’antan. ».
En 1988, il quitte le club et passe une saison en D2 à Quimper, avant de rejoindre Le Havre, toujours en D2. Il terminera sa carrière tranquillement en Normandie, glanant un nouveau titre de Champion de D2 en 1991. En 1993, après avoir assuré la pérennité du HAC, il se retire, sobrement. « J'avais 37 ans en 1993. J'ai senti - physiquement et mentalement - qu'il ne fallait pas faire l'année de trop. Je ne me suis posé aucune question. Au Havre, depuis mon arrivée en 1989, je ne signais que des contrats d'un an. Ensuite, je faisais le point.
Que devient-il ?
Après sa carrière, Philippe a complètement décroché : « Je ne voulais pas rester dans ce domaine car j'ai joué au football pendant dix-sept ans. J'ai eu envie de faire autre chose. ». Il est devenu agent général d’une compagnie d’assurance à Moret-sur-Loing en Seine et marne. « J'ai préparé cette reconversion tout en continuant à jouer au foot. J'ai acheté un portefeuille d'assurance que mon beau-père, qui tient une agence à Fontainebleau, a géré pendant un an, le temps que je termine ma carrière sportive. J'ai ensuite fait un stage dans une école d'assurance. Puis, j'ai eu une période probatoire de deux ans pour atteindre des objectifs fixés au préalable. Cela a été très dur. Ce n'est pas évident de passer du football au métier des assurances. En fait, je n'étais pas habitué à travailler. Je n'ai jamais considéré le football comme une profession. » Malgré ce qu’il dit, Philippe a quand même essayé de rester dans le milieu en devenant Président de l'Entente Fontainebleau entre 1995 et 1997. Malheureusement, l’affaire ne s’est pas très bien passé, ce qui l’a un peu écœuré : « Je n'ai jamais été suivi par la municipalité et j'ai finalement laissé tomber. Aujourd'hui, je ne sais pas si j'ai envie de recommencer une telle expérience. Pour l'instant, cela ne me manque pas. Et avec mon métier d'assureur, je ne suis pas très disponible. En plus, j'ai été déçu par le milieu amateur. Chez les professionnels, on est très exigeants avec les joueurs et les joueurs sont très exigeants avec eux-mêmes. Je n'ai pas retrouvé cela chez les amateurs et j'ai eu du mal à le tolérer. Mais avec des joueurs qui n'avaient pas de salaire, on ne pouvait pas exiger grand chose.
»
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