Henri Michel

Henri Michel
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28 octobre 1947
France
Milieu
Saison Club Nb matchs Nb buts
1964-1965 AS Aix en Provence 8 0
1965-1966 AS Aix en Provence 26 3
1966-1967 FC Nantes 14 2
1967-1968 FC Nantes 32 1
1968-1969 FC Nantes 34 3
1969-1970 FC Nantes 28 6
1970-1971 FC Nantes 38 4
1971-1972 FC Nantes 30 4
1972-1973 FC Nantes 38 9
1973-1974 FC Nantes 36 6
1974-1975 FC Nantes 37 8
1975-1976 FC Nantes 38 12
1976-1977 FC Nantes 38 11
1977-1978 FC Nantes 37 5
1978-1979 FC Nantes 37 6
1979-1980 FC Nantes 34 2
1980-1981 FC Nantes 37 1
1981-1982 FC Nantes 24 1
1964 - 1966 :
1966 - 1982 :
  • Champion de France D1 1973, 1977 et 1980 avec Nantes.
  • Vainqueur de la Coupe de France 1979 avec Nantes.
  • Finaliste de la Coupe de France 1970 et 1973 avec Nantes.
  • Demi-finaliste de la Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupe en 1980 avec Nantes.
  • 58 sélections en équipe nationale

Sa carrière en club

Formé à Aix en Provence, dont il est originaire, Henri Michel débarque à Nantes à 19 ans. Immédiatement il s’impose dans l’effectif nantais dont il devient le capitaine. Véritable meneur d’homme, chef de meute, son poste de milieu défensif lui permet d’être au cœur du jeu. Sa qualité de passe, sa technique et sa vista en font un élément essentiel du jeu à la nantaise où ses qualités son indispensables. Très rapidement il est appelé chez les bleus (à à peine 20 ans).

16 ans en jaune et vert… les sentiers de la gloire

Au sein d’un club qui repose sur la formation, il incarnera l’esprit nantais à mesure que les générations passent. Entre le titre de 73 et celui de 80, 2 joueurs sont restés dans l’effectif : Jean-Paul Bertrand-Demanes, le gardien et lui, les 2 qui détiennent le record du nombre de matchs avec Nantes, 532. En effet, Un premier remaniement générationnel s’opère au milieu des années 70, avec l’émergence des Pécout, Amisse, Baronchelli, Bossis. Henri Michel est alors le leader incontesté de l’équipe, le père de tous les joueurs « Il était le vrai lien entre le coach et nous. Il nous a aidés à grandir, n'hésitait pas à nous mettre une petite claque derrière la tête si on prenait un peu la grosse tête. Il avait un énorme impact sur le groupe. » se souvient Pécout. Il glane un 2ème titre de champion en 77 puis une coupe de France en 1979. Son charisme force le respect de tous, y compris de l’ennemi juré des années 70 : les verts de St Etienne. Robert Herbin lui rend d’ailleurs hommage « C'est le nantais à 100%. Ayant fait toute sa carrière comme milieu de terrain, il était finalement assez logique qu'il la termine comme libéro. Ce qui lui permet de briller à ce poste où il utilise sa technique pour avoir une relance toujours très précise et où il recourt à sa grande expérience et son influence pour placer les autres. Sait par ailleurs bien s'intégrer à son attaque ... » En effet, avec l’âge, Henri Michel descend au poste de libéro auquel il donne ses lettres de noblesse. Un poste qu’il finit par apprécier : « Je me plais bien à ce poste de libéro. Bien sûr, j'aurais pu continuer à jouer en milieu de terrain, je m'en sentais capable, mais après avoir effectué quelques dépannages au sein du club, j'ai trouvé amusant de changer. J'aime ce côté ultime défenseur avant le gardien de but, j'aime défendre, je ne dis pas détruire. Au milieu, on est quelquefois trop loin de l'action et c'est un peu frustrant. Derrière, il y a plus de création et on doit surtout empêcher les autres de marquer, alors que le football c'est marquer des buts. Et puis et c'est aussi très important pour moi, le libéro peut et doit aussi, contre-attaquer, renverser le jeu et, de temps en temps, faire basculer le match .... ». Il remporte un nouveau titre de champion en 1980. A l’issue de la saison, les nantais jouent même un « match de gala » contre les Wailers de Bob Marley, de passage dans la capitale de la Bretagne pour un concert. Bon en fait c’était un 5 contre cinq après l’entrainement.

Arrivé ne fin de carrière Henri Michel lâche le morceau à 36 ans. Là encore, il fait preuve de la plus grande classe. Coco Suaudeau l’écarte à partir de 82, pour des raisons technico-tactique et Henri Michel l’accepte sans sourciller… « Avant c'était le jeu prôné par Jean Vincent, le mien était différent, et je ne faisais pas jouer es mêmes joueurs. Je n'ai pas fait jouer Henri. Mais Henri, pfff, pas d'histoires, c'était un seigneur » dira l’entraineur après coup…

13 ans en bleus… 13ans de galères

International dès 20 ans, Henri Michel tombe dans la période noire du foot français de sélection. Absent de la Coupe du Monde 70 et 74 et des Euros 72, 76 et 80, Henri Michel ne connût quasiment que des peines en bleus. Lorsqu’enfin il parvient à jouer une coupe du Monde, en 1978 en Argentine, la présence de Platini avec qui il fait un peu double emploi, limite son influence. Ce dernier, sans doute un peu jaloux de la prestance de son ainé n’hésite pas à le tacler, dès 79 : « Avec Henri Michel, nous doublonnons un peu. Pas plus que moi il n'est fait pour effectuer le travail dont s'acquitte habituellement Jean-François Larios|Larios]]. Sans lui et malgré la bonne volonté de Bathenay, notre milieu de terrain n'a pas la même homogénéité . D'ailleurs, je ne peux pas oublier qu'en jouant aux côtés d'Henri Michel en Argentine, je suis en partie passé à côté de la Coupe du Monde ... » La talentueux numéro 10 aura raison du vieux lion et Henri Michel quittera la sélection peu après. Celui qui résume encore le mieux l’histoire contrastée entre Henri Michel et la sélection est encore Michel Hidalgo : « Je me souviens de la 50è sélection d'Henri Michel comme de l'aboutissement d'une carrière ... Pour moi, il incarnait l'élégance alliée à l'efficacité. Henri savait faire vraiment beaucoup de choses. Sa frappe était excellente, il taclait très bien, il n'y a peut-être que de la tête qu'il était un peu limité. Contrairement à ce que l'on a longtemps laissé penser, c'était un véritable chef. A Nantes, c'était le taulier. Fidèle au club et au maillot. Mais, en équipe de France aussi. Bien sûr, il a été un moment un peu décrié, c'est le tribut que paient souvent les joueurs élégants. Lorsqu'ils ratent une passe, on leur pardonne moins qu'à un joueur besogneux. A mon sens, il y a eu une sorte de malentendu entre lui et le public. En Argentine, il a fait une bonne Coupe du Monde. C'était une courroie de transmission indispensable comme Marius Trésor l'était dans les lignes arrière ... je me rappelle le 1er match avec Michel Platini, contre la Tchécoslovaquie en 1976. Platini est sélectionné pour la 1ère fois. Coup-franc. Il se précipite sur la balle et propose de tirer. Henri s'étonne et finalement accepte. Elégant, il l'était aussi dans la tête ... »

A l’heure du bilan, Henri Michel reste d’une grande modestie : « Pendant longtemps, on m'a peut-être trop demandé de choses sur un terrain. On m'a surestimé, je suppose. En ce qui me concerne, je faisais surtout confiance à l'équipe, aux copains qui étaient avec moi ... Je pense qu'individuellement on m'a surestimé et c'est ce qui m'a fait le plus de tort. Des joies ? J'en ai eu quelques-unes. Avec Nantes surtout, puisque nous avons été 2 fois champions de France et avec l'équipe de France, une seule joie au bout de 10 ans de malheurs, c'était la qualification pour la Coupe du Monde en Argentine … » synthétise-t-il déjà en 1979…

Que devient-il ?

Immédiatement, Henri Michel opte pour une carrière d’entraineur… Tout jeune déjà, il avait le recul : « Lorsque je suis arrivé à Nantes, j'ai ouvert un cahier, une espèce de carnet de bord. Au début, c'était pour me distraire. Et puis, ces notes m'ont intéressé, j'ai continué à remplir un premier cahier, ensuite un deuxième sur lesquels j'ai relevé les principales caractéristiques de tous les matchs de championnat, de Coupe, de toutes les rencontres internationales. Dans une grande partie de la page, j'inscris les données générales du match. A côté, sur une large colonne, je note mes actions personnelles : le nombre de buts, les dernières passes, mes coups francs directs réussis. Je porte aussi un jugement sur ma prestation du jour. C'est quelquefois très sévère. Je consigne mes fautes de défense, de placement, mes grosses maladresses. Mais si je réussis quelques "coups" exceptionnels, je n'ai pas la fausse modestie de les oublier. »

Une ascension fulgurante et une chute brutale

Bombardé à la tête des espoirs en 82, il va emmener la sélection Olympique jusqu’au triomphe improbable lors des JO de 84. Il reste aujourd’hui le seul entraineur médaillé d’or olympique. Dans la foulée il devient sélectionneur, avec qui il remporte la Coupe de Confédération 1985, confirmant ainsi le titre de champion d’Europe acquis 1 an plus tôt. Lors de la Coupe du Monde mexicaine, comme son prédécesseur, il bute sur les allemands en demi, amis après avoir sorti l’Italie championne du Monde et le Brésil de Tele Santana. Avec la retraite de Michel Platini, les bleus se trouvent privés de leur chef d’orchestre, et dans la jeune génération, malgré le nombre de postulants, personne n’a le niveau pour remplacer l’idole de toute une génération. Après un échec lors de la qualification pour l’Euro 88, il va définitivement sombrer lors d’un match calamiteux contre Chypre (1-1) en novembre 1988. Cet échec lui restera collé aux basques au même titre que le « Sac à merde » de Cantona

Après une pige à la DTN, il tente de rebondir au PSG en 90. Il réalise une saison assez moyenne (9ème) avec un effectif en bout de course. L’arrivée de Canal + scelle son sort et achève de le griller en France.

Errance d’une ex gloire au gros bide

Commence alors pour Henri Michel une longue période d’errance, entre Afrique et Moyen-Orient. Entraineur des Lions indomptables du Cameroun en 94, il participe à la Coupe du Monde 94, ce qui lui permet de pavoiser et prendre une certaine revanche : « Quand on parle d'Henri Michel, on dit Chypre. On oublie qu'après il y a eu la Yougoslavie et la Norvège, qu'avec un match nul on allait en Italie. On oublie aussi que 5 ou 6 ans après, le foot français en est rendu au même niveau. C'est à dire que, cette fois encore, il ne participera pas à une Coupe du Monde. J'ai été champion olympique et 3è d'une Coupe du Monde. En France, on l'a oublié. Pas à l'étranger ... » Malheureusement, il connaît une élimination précoce en Coupe du Monde. Derrière ca se passe assez mal et le laissera très amer : « Je suis comme tout être humain, les critiques m'atteignent, les coups tordus m'écœurent. En vérité, j'aimerais oublier tout ça. On a douté de mon honnêteté, on m'a traité de tous les noms, on m'a pris pour un mercenaire. Je ne suis pas cet homme-là. Qu'on ne le comprenne pas me fait mal. J'ai été seul, tout seul. Je n'ai pas rencontré de gens bien. C'est une expérience terrible. Ce n'était pas du foot. Mais moi, je l'aime ce jeu, et je n'ai pas envie de le quitter ... » Après un crochet d’un an en Arabie Saoudite, il prend en main la sélection marocaine qu’il mènera pendant 5 ans, jusqu’à la Coupe du Monde 98.

Après la CAN 2000, il poursuit son périple : Sélection des Emirat Arabes Unis entre 2000 et 2001, puis bref entraineur de l’Aris Salonique et de la sélection tunisienne jusqu’en mars 2002, il passe 1 an au chômage avant de rebondir avec le Raja Casablanca qu’il mène au titre de champion du Maroc et champion d’Afrique. Il passe ensuite 2 à la tête de la Côte d’Ivoire qu’il qualifie pour la Coupe du Monde allemande. Après un passage au Qatar puis dans le grand club égyptien du Zamalek, il démissionne pour reprendre les rênes de la sélection marocaine. Éliminé prématurément de la CAN, il est licencié en février 2008. Quelques mois plus tard, il tente sa chance en Afrique du Sud au Mamelodi Sundowns. L’aventure ne dure que quelques mois et se termine en eaux de boudin…

Henri Michel reste sur le continent africain et et retourne au Zamalek. Là encore, l'histoire ne dure que quelques mois et en novembre 209, il se fait lourder après une énième défaite. Il devrait peut-être songer à rentrer en France là non ?