Enzo Francescoli

Enzo Francescoli
El principe (le prince)
12 Novembre 1961
Uruguay
Attaquant
Saison Club Nb matchs Nb buts
1980-1981 Montevideo Wanderers 26 3
1981-1982 Montevideo Wanderers 22 7
1982-dec 1982 Montevideo Wanderers 26 10
jan 1983-1983 River Plate 27 11
1983-1984 River Plate 49 29
1984-1985 River Plate 5 3
1985-1986 River Plate 32 25
1986-1987 Racing Club de France 92 35 14
1987-1988 Racing Club de France 92 28 8
1988-1989 Racing Club de France 92 26 10
1989-1990 Olympique de Marseille 28 11
1990-1991 Cagliari Calcio 33 4
1991-1992 Cagliari Calcio 33 6
1992-1993 Cagliari Calcio 32 7
1993-1994 Torino FC 24 3
1994-1995 River Plate 27 17
1995-1996 River Plate 20 10
1996-1997 River Plate 31 19
1997-1998 River Plate 10 1
1980 - 1983 :

Montevideo Wanderers

1983 - 1986 :

River Plate

1986 - 1989 :
1989 - 1990 :
1990 - 1993 :
1993 - 1994 :
1994 - 1998 :

River Plate

  • Tournoi junior sud-américain (1981),
  • Copa América (1983, 1987 et 1995),
  • champion de France avec l'Olympique Marseille (1990),
  • champion d'Argentine avec River Plate (1986, 1994, 1996 -2- et 1997),
  • Copa Libertadores avec River Plate (1996),
  • Supercopa Sudamericana avec River Plate (1997).
  • 73 sélections en équipe nationale

Sa carrière en club

Les recruteurs spécialisés dans le football uruguayen l'avaient annoncé dès la fin des années 1970 : un jeune milieu de terrain offensif des modestes Wanderers de Montevideo fait des merveilles balle au pied. Ils voient juste.
Il intègre la Céleste alors qu'il n'est encore que Junior. Il passe trois ans aux Wanderers avant de rejoindre en 1983 l'Argentine et River Plate, qui deviendra le club de son coeur et le théâtre de ses plus beaux exploits.

"Au début, ç'a été dur. River n'allait pas bien et j'avais du mal à me positionner sur le terrain. Ensuite, on m'a demandé de jouer comme un vrai attaquant. C'est à partir de là que les choses ont commencé à changer", se souvient l'Uruguayen qui, très vite, se voit affublé du surnom de Príncipe par son compatriote, le journaliste Víctor Hugo Morales. "A cette époque, j'écoutais en boucle un morceau de tango qui s'appelait Príncipe. Je le fredonnais sans arrêt. Un jour, Francescoli a marqué un but et je me suis mis à chanter une strophe de la chanson : Príncipe soy, tengo un amor y es el gol ("je suis un prince et le but est mon seul amour"). J'ai trouvé que ce surnom donnait au joueur une légère touche de mélancolie, de tristesse, qui en plus allait bien avec son allure assez princière le terrain", explique l'homme de lettres.

En 1984, il est élu Meilleur Espoir Sud Américain de l'année - il incarne en effet le renouveau du football Uruguayen, avec Pablo Bengoechea ou Ruben Sosa, qui remportera deux Copa América, en 1983, à domicile, puis en 1987 contre le Chili. En 1985 et 1986, il termine meilleur buteur du championnat argentin, marquant 68 buts en trois saisons, et il est élu meilleur joueur du championnat en 1986. Il participe ainsi amplement au renouveau de River, même s'il quitte le club juste avant le premier sacre en Copa Libertadores et en Coupe Intercontinentale.

Après avoir participé avec l'Uruguay à la coupe du Monde au Mexique en 1986 (il marque sur pénalty le seul but qu'il inscrira en Coupe du Monde, et la Céleste est éliminée dès les phases de poule avec une belle équipe de bouchers), il tente alors l'aventure européenne, et plus particulièrement française, en signant au Racing Club de Paris remonté de D2. Il complète l'effectif de stars monté par Lagardère, rejoignant Pierre Littbarski, Thierry Tusseau, Pascal Olmeta, et surtout Luis Fernandez, débauché du Paris Saint-Germain. Les années parisiennes sont décevantes - et Enzo à l'image de son club, ne parvient pas véritablement à s'imposer, marquant cependant 32 buts en 3 saisons.
Bernard Tapie le recrute à l'été 1989 - et il participe à la conquête du deuxième des cinq titres de l'ère Tapie, en étant le deuxième meilleur buteur du club avec 11 réalisations, derrière Papin, auteur cette saison-là de son meilleur total, 30 buts.Éclipsé quelque peu par Waddle, qui réussit à s'imposer après des débuts délicats, Tapie le pousse à la sortie et le remplace par Abedi Pelé.Certainement peu à l'aise dans un rôle de remplaçant de Klaus Allofs, parti aux Girondins, l'élégant Francescoli ne convainc pas Nanar adepte fervent de l'efficacité Allemande. Il laisse néanmoins un souvenir ému aux supporters Olympiens pourtant habitué aux grands joueurs à cette époque.

Le Prince émigre alors en Italie, et débute une mini-tournée des clubs de milieu de tableau ,après le parcours mitigé de la Céleste à la Coupe du Monde organisée en terre transalpine (éliminé en Huitième de finale par l'Italie). Il signe au Cagliari Calcio d'abord, de 1990 à 1993, puis au Torino FC lors de la saison 1993-1994. A Cagliari, il rejoint ses compatriotes Pepe Herrrera et Daniel Fonseca - mais on le fait jouer milieu de terrain relayeur, et son influence sur le jeu est moins importante. Il marque moins (17 buts en 97 matchs), même s'il resta durant ces années l'un des joueurs préférés des tifosis, et demeure encore aujourd'hui dans l'esprit de beaucoup, l'un des plus grands joueurs de l'histoire de Cagliari (son but contre la Sampdoria lors de la première journée de championnat en 1991 reste encore dans les mémoires). Sa saison au Torino est anecdotique - il ne joue que 24 matchs, pour seulement 3 buts. Il est temps pour lui désormais de revenir à son pays d'adoption : il signe à River Plate en 1994.

Il a alors 33 ans et il y restera 4 saisons au cours desquels il marquera 47 buts. Il sera champion d'Argentine en 1994, 1995, 1996 et 1997, remportera la Copa Libertadores en 1996. Il terminera meilleur buteur du championnat en 1994 et 1996, sera élu meilleur joueur sud américain de l'année 1995, et meilleur joueur du championnat d'Argentine en 1996. Il gagne avec la Céleste une nouvelle Copa America en 1995 - et met un terme à sa carrière en 1997. Il aura marqué 198 buts, comptant 74 sélections et 20 réalisations avec le maillot de l'équipe nationale d'Uruguay, ce qui fait de lui le joueur de champ le plus capé de l'histoire du football uruguayen.

Il est sans aucun doute passé à côté d'une carrière en Europe des plus prometteuses la faute à des choix de carrière douteux (Matra racing, Cagliari) et de ne pas être né au Brésil ou en Argentine. Il est par ailleurs le seul Uruguayen choisi par Pelé en 2004 à figurer dans la liste des 100 meilleurs joueurs de l'histoire

Que devient-il ?

En 2002, cinq ans après avoir raccroché les crampons, Enzo s'installe à Miami avec son épouse et ses enfants. Le motif ? Veiller à la destinée de GolTV, chaîne sportive qui diffuse du football un peu partout aux Etats-Unis. Fondée par Francescoli en collaboration avec Paco Casal, son ami et ex-agent, et Nelson Gutiérrez, défenseur central avec qui il a évolué à River Plate et en équipe nationale, GolTV vole aujourd'hui de ses propres ailes, ce qui permet notamment à Enzo d'être de nouveau basé à Buenos Aires. "Je vais à Miami une fois par semaine. A part cela, je passe la majorité de mon temps en Argentine. Ma famille s'est parfaitement adaptée."

Le passage du grand air aux bureaux a été moins complexe que prévu. "Ça faisait longtemps que j'avais prévu cela. Je ne voulais pas avoir un pied dans le football, l'autre en dehors. J'ai donc pris mes distances et je me suis lancé dans quelque chose de différent avec des amis. Par chance, tout s'est bien passé."