Bruno Bellone

Bruno Bellone
Luky Luke
14 mars 1962
France
Attaquant
Saison Club Nb matchs Nb buts
1980-1981 AS Monaco 12 2
1981-1982 AS Monaco 30 12
1982-1983 AS Monaco 30 3
1983-1984 AS Monaco 33 8
1984-1985 AS Monaco 34 13
1985-1986 AS Monaco 25 5
1986-1987 AS Monaco 31 4
1987-1988 AS Cannes 26 9
1988-1989 Montpellier HSC 13 2
1989-1990 AS Cannes 31 5
1980 - 1987 :
1987 - 1988 :
1988 - 1989 :
1989 - 1990 :
  • Champion de France en 1982 (Monaco)
  • Vainqueur de la Coupe de France en 1985 (Monaco)
  • Vainqueur du Championnat d'Europe des Nations en 1984
  • 3ème de la Coupe du Monde en 1986, 4ème de la Coupe du Monde en 1982
  • 34 sélections en équipe nationale

Sa carrière en club

Né à Toulon en 1962, ce méridional aux origines italiennes est un surdoué. Joueur très rapide, doté d’une accélération tonitruante, il effectuera sa formation au Cannet-Rocheville et l’essentiel de sa carrière à l’AS Monaco, où il débarque en 1980. A la Turbie, au centre d'entraînement, Bruno Bellone était le seul à pouvoir expédier le ballon au-dessus de la falaise qui surplombe les terrains. Très jeune, Bellonne impressionne.

Gaucher puissant, Bellone le bel homme sera surnommé Lucky Luke par ses coéquipiers et la presse française en raison de la précision de ses centres et de sa rapidité d'artilleur. Faisant partie de l’équipe championne de France en 1982, il inscrit déjà 12 buts pour sa première saison en tant que titulaire à part entière. Il se fait un nom aux côtés d’Umberto Barberis, Eric Pécout ou encore Claude Puel et Manuel Amoros. Les années monégasques au soleil seront pour Bruno les plus belles de sa carrière de footballeur. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il y gagnera la confiance des sélectionneurs Michel Hidalgo et Henri Michel, participant à 3 campagnes internationales (les coupes du Monde 1982 et 1986 et l’Euro 1984). Aux côtés des meilleurs joueurs français, et en l’absence d’attaquant de stature internationale il faut dire, il comptera 34 sélections. Sans être véritablement titulaire, un Sylvain Wiltord avant l’heure, il inscrira deux buts très importants pour l’équipe de France. Le but du K.O. contre l’Espagne en finale de l’Euro 1984, où il bat Arconada après une percée plein axe en fin de match ; et un tir au but contre le Brésil en quart de finale du Mondial 1986 : poteau, tête du gardien et but…

Après avoir glané sur le Rocher un titre de champion et une coupe de France en 1985, Bellone a besoin de prendre l’air. Il opte pour l’AS Cannes en 1987. Sans doute aurait-il été poussé vers la sortie par l’arrivée des stars britanniques Glenn Hoddle et Mark Hateley ?? Au cours de cette saison, il plante 9 buts l’air de rien, lui qui marque en moyenne 10 points par saison et délivre autant de caviars. La saison suivante il file à la Paillade. Âgé de 26 ans, il semble qu’il ait connu la gloire trop rapidement en étant titulaire dans l’équipe championne de France à 20 ans, en disputant deux Coupes du Monde et un Euro avec une certaine réussite. Bruno n’est pas cramé mais on le sent en perte de vitesse. Même s'il est toujours vaillant et que ses démarrages fulgurants font toujours le bonheur des équipes qui l’accueillent, Bruno n’a pas forcément la motivation et la joie de jouer de ses débuts.

En ce début de saison 1988, tout lui réussit, il semble revivre à Montpellier. Mais après cinq matches, trois buts marqués et une offrande à un partenaire… match contre Bordeaux : tacle par l’arrière et crac, os de la cheville brisé. Première opération, huit mois d’arrêt. Mais il revient plus tôt que prévu et cette fois c’est le tendon d’Achille qui lâche. 6 mois d’arrêt et un chirurgien qui explique en salle de réveil : Bruno, le foot pro c’est fini ! Le club de l'ordurier le laisse «libre».

Mais c’est à Cannes qu’il rebondit, dans SON club de coeur, celui de la ville qui l'a vu grandir. Les dirigeants de l’époque lui font signer un contrat de 4 ans, malgré son plâtre. Mais en ce début d’année 1990, c’est la rechute. Un match de 3e division avec la réserve : J’avais dit à Primorac (l’entraîneur de l’AS Cannes que je ne la sentais pas cette partie contre Grenoble ! Ils jouaient la montée, il y avait trop d’enjeu. Résultat, je me suis fait massacrer. Sur une touche, un gars est arrivé par derrière et il m’a cassé la cheville précédemment opérée.... Reprise trop rapide, Bruno voulait tellement revenir en équipe de France...

Rideau sur la carrière de footballeur.

Que devient-il ?

Comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, à la suite de cette troisième grave blessure et du même coup la fin de sa carrière de joueur, sa femme le quitte. Passer du jour au lendemain de « femme de millionnaire » à « femme d’accidenté du travail », ça doit certainement faire perdre une sacré dose d'amour. Et perdre sa femme, ça c'est tragique.

Bruno est seul, avec ses 27.000 francs par mois, le plafond de la sécu à l’époque. Mais il doit verser un montant de 21.000 francs mensuels en pension alimentaire pour ses trois gamins. Ajoutez à cela le loyer, les charges, l’absence de perspective d’emploi… seuls ses parents lui tendent la main. Car dans le même temps, Bruno se rend compte qu’il s’est fait escroquer par un agent immobilier véreux, pourtant proche de la famille, comme souvent d’ailleurs : « Moi, qui transformais en or tout ce que je touchais, je n'avais plus rien du jour au lendemain. Ni femme, ni enfants, ni argent pour pouvoir rembourser les crédits de ma nouvelle maison ». C’est la grosse déprime. La presse évoque même son suicide en 1992. Quand les rats quittent le navire... on est seul maître à bord. Un triste épisode.

Vivant chez ses parents, il passe les années 1990 avec le RMI. Puis l’AS Cannes le rappelle pour entraîner les jeunes, il sent enfin le bout du tunnel. D’autant qu’un autre ancien cannois, Didier Roustan, est à l’initiative en 1999 du jubilé de Bellonne. Les anciens de l’équipe de France sont là pour Lucky Luke. Une partie des bénéfices sera reversée à Bruno, normal, il est vraiment fauché.
A cette époque il rencontre une jeune demoiselle, dont les parents lui ouvrent leur domicile. Le repos du guerrier en quelque sorte, un moyen de se ressourcer.

A force de courage et après de nombreuses années, Lucky Luke finira par rembourser ses dettes et créera même une société, Bellone Sud Courtage, spécialisée dans l’assurance des jambes de joueurs, tiens donc. « Dans un sens, ce qui m'est arrivé est plutôt bien. On m'a tout pris, mais cela a éliminé de mon entourage toutes ces mauvaises personnes qui m'appréciaient uniquement pour mon argent. J'espère que je pourrai servir d'exemple à tous les jeunes footballeurs.» C’est au moins quelque chose qu’on ne pourra pas lui ôter. Comme son palmarès d'ailleurs.